
"Les premières années, après le viol, surprise pénible: les livres ne pourront rien pour moi. Ca ne m'était jamais arrivé. Quand, par exemple en 1984, je suis internée quelques mois, ma première réaction, en sortant a été de lire. Le pavillon des enfants fous, Vol au dessus d'un nid de coucou, Quand j'avais cinq ans je m'ai tué et les essais sur la psychatrie, l'internement, la surveillance, l'adolescence. Les livres étaient là, tenaient compagnie, rendaient la chose possible, dicible, partageable. Prison, maladie, maltraitance, drogue, abandons, déportations, tous les traumas ont leur littérature. Aucune femme après être passé par le viol n'avait eu recours aux mots pour en faire un sujet de romain. Rien' ni qui guide, ni qui accompagne. Ca se passait dans le symbolique. C'est extraordianaire qu'entre femmes on ne disent rien aux jeunes filles, pas le moindre passage de savoir, de consignes de survie, de conseils pratiques.
Rien."
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